Extrait de ce témoignage:
"Avec l'aide des ONG et des autorités sanitaires,
certains villages ont renoncé en masse à l'excision.
Et ce progrès est déjà considérable, car les villageois
savent que, si leurs voisins n'excisent plus leurs
filles, ils ne pourront plus marier les leurs.
Je voudrais que ce livre soit pour toutes les
femmes africaines un outil de réflexion et non de
scandale. Je voudrais qu'il soit traduit et diffusé en
Afrique. Hélas, ce souhait me paraît irréalisable
pour l'instant. L'Afrique est de tradition orale, il
faudra compter sur les griots pour le colporter. Ils
ont déjà pris l'initiative de nous aider.
Si j'ai raconté ma vie, tel un griot moi-même, ce
n'est pas pour y chanter mes louanges, c'est qu'elle
illustre ce combat, cette marche obstinée, qui m'a
menée de l'ombre du manguier de la maison familiale
aux lumières des organisations internationales.
De la mutilation intime et secrète à la lutte au grand
jour.
Notre devoir est de dire non, stop à toutes les
formes de violence et de mutilation. Il est inacceptable
de laisser mutiler des petites filles au nom de
traditions ou de cultures, quelles qu'elles soient.
Chaque femme africaine en a maintenant le
devoir. A chacune son chemin. Nul n'a le droit de
cacher la vérité sur le sexe des femmes africaines. Il
n'est ni diabolique ni impur.
Depuis la nuit des temps, c'est lui qui donne la
vie."